Jules was the only non-german speaking guy on the team. He was just incredible and he has an amazing talent to entertain the crowd by telling stories, singing or just commenting on the obvious. Plus he is one of the few, who rode fixed all the way. This is his take on the whole thing. Although I get the idea of what he is writing, I am not capable to translate it. Could maybe anyone help with that? If so mail us. I’d appreciate it a lot!
C’était sans doute un peu audacieux, à mon âge, que de me lancer dans une pareille aventure, poussé par la simple passion de pédaler jusqu’à l’asphyxie. Audacieux non pas à cause de la difficulté physique du voyage, mais parce que j’avais seize années et des poussières et que j’étais le seul francophone de cette joyeuse bande d’Allemand dont je ne connaissais qu’un seul individu au début du périple. Par chance, l’anglais est venu à mon secours et je suis en mesure d’affirmer que la langue de Shakespeare, bien que martyrisée par tous ces locuteurs dont elle n’est pas la langue maternelle, est fort louable au moins pour sa capacité à permettre la communication entre beaucoup d’être humains qui devraient autrement se contenter de bien peu. Cette langue permet également de faire d’inoubliables rencontres.
Dans les premiers moments, on s’imagine que comme tu t’exprimes en anglais tu es probablement américain ou britannique. Ensuite, on découvre que tu vis au Canada et on pense que tu es Canadien. Puis, arrive un point où on se rend compte que ta langue maternelle est le français et alors on se demande d’où du viens et comment tu t’es retrouvé embarqué dans une pareille épopée. Et puis tu expliques, tu t’appliques à satisfaire les curiosités tout au long du voyage. Tu roules, surtout, parce que c’est pour cette raison que tu t’es embarqué dans cette folle aventure. Tous les soirs, tu tentes d’assimiler un peu d’Allemand et tu retiens quelques mots comme Genau, geil, ou encore gabelfrühstück.
Mais l’essentiel est qu’au bout du compte, même si on réalise que la langue peut-être une barrière ou un sacré passeport, au sein de l’effort, de l’effort pur que représente la traversée d’un pays sur un vélo à pignon fixe, ce sont les regards et les rictus qui communiquent. Ce sont les gouttes de sueurs dégringolant le long des joues éprouvées, émaciées, qui te racontent que l’être humain à côté de toi partage ton bonheur (ou ton calvaire, c’est selon). L’effort physique est une belle chose, qui ne nécessite aucune langue pour être partagé, c’est ce que m’a appris ce voyage au cours duquel je suis allé au bout de mon corps. J’ose me demander si pour tout le monde ce périple a eût la même ampleur ou s’il ne représentait pour certain qu’une formalité. Je dis cela car si beaucoup d’entre-nous partageaient mes rictus d’une douleur apparente, certains étaient imperturbables à un point, parfois, que c’en était dérangeant. C’est dire à quel point le corps communique. Moi, j’ai probablement été très marqué à cause de ma jeunesse.
Même si c’est ce que je tente de faire depuis trois paragraphes, je ne saurais vraiment décrire cette ineffable expérience qui fût la nôtre… En faisant abstraction de tous effets de style, les mots qui me sautent au visage sont : Passion, vie, humanité.
Jules







